Nourriture crue vs alimentation vétérinaire de qualité
L’idée selon laquelle l’alimentation crue serait supérieure parce qu’elle est plus « naturelle » demeure très débattue. À ce jour, aucune preuve scientifique solide ne démontre que les chiens et les chats nourris au cru sont en meilleure santé ou vivent plus longtemps que ceux recevant une nourriture vétérinaire complète et bien formulée.
Arguments souvent avancés en faveur du cru
Certains propriétaires rapportent les bénéfices suivants :
Digestibilité parfois améliorée
Les protéines animales peu transformées peuvent être plus faciles à assimiler.
Pelage plus brillant, peau moins sèche
Des acides gras oméga-3 et oméga-6 moins altérés par la cuisson peuvent améliorer l’état du pelage et de la peau.
Effet mécanique sur les dents
La mastication d’os charnus peut aider à réduire une partie du tartre, mais cela ne remplace jamais le brossage dentaire régulier.
Selles moins volumineuses
Les régimes riches en protéines animales et pauvres en glucides produisent souvent moins de résidus digestifs et des selles moins odorantes.
Ces bénéfices peuvent également être obtenus avec une moulée vétérinaire haut de gamme, riche en protéines animales et nutritionnellement complète, sans les risques associés au cru.
Points de vigilance concernant l’alimentation crue
1. Risques de déséquilibres nutritionnels
Les rations crues préparées à la maison sont souvent mal équilibrées, notamment en calcium, phosphore, vitamines A et D, iode, et en taurine chez le chat.
Une carence en calcium peut, par exemple, entraîner de graves anomalies osseuses chez les chiots. Même avec une recette élaborée, une supplémentation précise est souvent nécessaire.
2. Risques infectieux pour l’animal et pour l’humain
La viande crue peut contenir divers agents pathogènes (bactéries, parasites, virus) qui représentent un risque autant pour l’animal que pour les humains du foyer, en particulier les enfants, les personnes âgées et les personnes immunosupprimées.
Une cuisson adéquate permet d’éliminer la grande majorité de ces agents infectieux sans détériorer de manière significative la qualité nutritionnelle de la ration.
3. Le cru n’est pas idéal pour les animaux âgés
Les animaux âgés ont souvent une fonction rénale plus fragile et des besoins nutritionnels plus précis. Plusieurs rations crues sont très riches en phosphore et en protéines, ce qui peut être inadapté pour un animal senior.
De plus, les animaux plus âgés tolèrent moins bien les contaminations microbiennes et sont plus sensibles aux déséquilibres nutritionnels (perte de masse musculaire, fatigue, troubles métaboliques).
Conséquences possibles chez un animal âgé nourri au cru
- Aggravation ou apparition d’insuffisance rénale
- Diarrhée, vomissements ou infections digestives plus sévères
- Perte de poids et fonte musculaire si la ration est mal équilibrée
- Déshydratation chronique liée à des troubles gastro-intestinaux
- Carences ou excès minéraux pouvant entraîner faiblesse, fatigue ou douleurs
Conclusion
L’alimentation crue peut convenir à certains animaux en bonne santé, à condition qu’elle soit formulée par un nutritionniste vétérinaire et gérée de façon rigoureuse.
En revanche, une alimentation vétérinaire de qualité offre un profil nutritionnel complet et constant, un risque microbien très faible et un contrôle précis des protéines et des minéraux, ce qui en fait une option plus sécuritaire, surtout pour les animaux âgés ou fragiles.
Un régime « naturel » n’est pas automatiquement le meilleur choix. Les animaux domestiques ont des besoins spécifiques, qui évoluent avec l’âge, et qui sont mieux couverts par une alimentation vétérinaire complète et sécuritaire.
Alimentation crue chez le chien : précautions d’hygiène obligatoires
Nourrir un chien au cru (BARF / raw) augmente le risque de contamination par des bactéries (ex. Salmonella, Campylobacter, E. coli). Ces bactéries peuvent contaminer les mains, les surfaces, les bols, le plancher, et être transmises aux humains — même si le chien semble en parfaite santé.
Important : Si vous décidez de nourrir votre chien au cru, vous êtes tenu(e) de respecter les étapes ci-dessous pour la sécurité de votre animal, de votre famille et de la collectivité. Le cru n’est pas “sans risque” : la réduction du risque dépend directement de vos mesures d’hygiène.
1) Manipulation sécuritaire des aliments crus
- Conservez la viande crue au réfrigérateur (ou au congélateur) et évitez de la laisser à température ambiante.
- Décongelez au réfrigérateur dans un contenant fermé (jamais sur le comptoir).
- Évitez les éclaboussures et le contact avec les aliments destinés aux humains.
- Jetez toute portion restée trop longtemps à l’air libre (ne “recongelez” pas un aliment cru décongelé).
2) Zone, ustensiles et bols dédiés
- Utilisez une planche à découper dédiée (idéalement différente de celle de la nourriture humaine).
- Utilisez des ustensiles dédiés (couteau, cuillère, balance, contenants) et identifiez-les clairement.
- Servez le repas dans un endroit facile à nettoyer (éviter tapis et tissus).
- Rangez les aliments crus dans des contenants fermés, séparés de la nourriture humaine.
3) Lavage des mains : étape non négociable
- Lavez-vous les mains à l’eau et au savon avant et après la préparation.
- Lavez-vous les mains après avoir touché les bols, les surfaces, le chien après le repas, ou après avoir ramassé les selles.
- Le gel hydroalcoolique peut dépanner, mais ne remplace pas un lavage soigneux lorsqu’il y a des souillures.
4) Nettoyage et désinfection des surfaces
- Nettoyez d’abord avec eau chaude + détergent, puis désinfectez les surfaces (comptoir, évier, poignées, etc.).
- Lavez les bols après chaque repas (eau chaude savonneuse + idéalement lave-vaisselle si possible).
- Changez souvent les linges/éponges : ils deviennent rapidement une source de contamination.
- Nettoyez toute éclaboussure immédiatement (plancher inclus).
5) Après le repas : contacts et environnement
- Évitez que le chien lèche le visage, la bouche ou les mains, surtout après avoir mangé.
- Évitez de partager oreillers/visage/ustensiles avec le chien.
- Surveillez les enfants : pas de bisous ni de contact bouche-à-bouche avec l’animal.
6) Gestion des selles et des déchets
- Ramassez les selles rapidement (cours, parc, promenade) et jetez-les dans un sac fermé.
- Lavez-vous les mains après le ramassage.
- Nettoyez/désinfectez les zones souillées si nécessaire.
7) Personnes à risque : prudence renforcée
À risque plus élevé de complications : jeunes enfants, personnes âgées, femmes enceintes, personnes immunodéprimées.
- Dans ces foyers, le niveau d’hygiène doit être maximal et constant.
- Idéalement, ces personnes ne devraient pas manipuler l’alimentation crue ni nettoyer les bols.
- Discutez avec votre équipe vétérinaire si un membre du foyer est vulnérable.
8) Signes à surveiller et quand consulter
- Chez le chien : vomissements, diarrhée, abattement, perte d’appétit.
- Chez l’humain : gastro-entérite (diarrhée, crampes, fièvre), surtout après manipulation/contacts.
- Consultez rapidement si les symptômes sont importants, persistants, ou s’il s’agit d’une personne
