Au-delà de l’étiquette
Ce que les ingrédients et les pourcentages ne disent pas toujours
Lorsqu’on choisit une nourriture pour son chien ou son chat, la liste d’ingrédients et les pourcentages (protéines, gras, fibres) sont souvent la première chose que l’on regarde. Certains termes comme « sous-produits de poulet » ou « farine de poulet » peuvent inquiéter. Pourtant, ces ingrédients se retrouvent aussi dans des diètes vétérinaires de très haute qualité.
L’objectif de cette chronique : vous aider à lire une étiquette sans tomber dans les pièges du marketing, et comprendre ce qui définit réellement une nourriture de qualité.
📋 1) Comprendre la liste d’ingrédients
Les ingrédients sont classés par poids avant cuisson. La viande fraîche contient beaucoup d’eau, tandis que les farines sont déjà déshydratées. Comparer directement « poulet frais » et « farine de poulet » peut donc être trompeur.
🐔 2) Les sous-produits : un terme mal compris
Le terme sous-produit désigne des parties de l’animal autres que le muscle (ex. organes comme le foie ou le cœur), souvent riches en nutriments. Dans les aliments réglementés, cela ne signifie pas « déchets » et n’inclut pas plumes, becs ou matières impropres.
🥩 3) La farine de poulet n’est pas un ingrédient inférieur
La farine de poulet est du poulet déshydraté. Comme l’eau est retirée, la protéine est plus concentrée et la composition peut être plus stable d’un lot à l’autre. Le mot « farine » n’est donc pas un indicateur de mauvaise qualité en soi.
🧪 4) La qualité ne se lit pas toujours sur l’étiquette
Un ingrédient n’est pas bon ou mauvais par son nom, mais par :
- sa provenance
- le contrôle des fournisseurs
- la constance nutritionnelle
- la formulation globale
🔎 « J’ai comparé les ingrédients et les pourcentages… c’est pareil qu’une diète vétérinaire »
Cette remarque est très fréquente et compréhensible. Sur papier, deux nourritures peuvent afficher des ingrédients similaires et des pourcentages comparables. Mais cela ne signifie pas qu’elles sont équivalentes sur le plan nutritionnel.
📊 Les pourcentages ne disent pas tout
Les valeurs inscrites sur l’étiquette (protéines, gras, fibres) sont des valeurs brutes. Elles ne nous disent pas quelle part est réellement digestible ni utilisable par l’organisme. Deux aliments à 25 % de protéines peuvent fournir une quantité très différente de protéines réellement absorbées.
🧬 Ce qui compte : ce que l’animal absorbe
La vraie différence n’est pas seulement ce qui entre dans la bouche, mais ce qui est digéré, absorbé et utilisé. C’est pourquoi la digestibilité et la constance sont si importantes.
🧪 Les minéraux et micronutriments font souvent la différence
Sur l’étiquette, on voit rarement :
- la biodisponibilité des minéraux (ex. phosphore, calcium)
- l’équilibre précis calcium/phosphore
- la forme et la stabilité des vitamines
- la constance réelle des nutriments d’un lot à l’autre
Ce sont pourtant des détails « invisibles » qui peuvent compter beaucoup, surtout chez les animaux âgés, sensibles ou malades.
🏭 Même recette ≠ même contrôle
Deux aliments peuvent se ressembler sur l’étiquette, mais être fabriqués avec des sources de matières premières et des contrôles de qualité très variables. Les diètes vétérinaires misent sur la prévisibilité, pas seulement sur la composition théorique.
⏳ Les différences apparaissent souvent avec le temps
À court terme, plusieurs animaux semblent aller aussi bien. Les écarts se manifestent parfois davantage avec l’âge, lors d’une maladie, après une chirurgie ou chez les animaux plus sensibles (digestif, urinaire, etc.).
Message clé : Deux nourritures peuvent se ressembler sur l’étiquette, mais différer beaucoup dans ce que l’animal assimile réellement et dans leur impact à long terme.
✅ Encadré – La différence des diètes vétérinaires de qualité
Les diètes vétérinaires de qualité ne reposent pas uniquement sur une liste d’ingrédients attrayante. Elles sont développées selon une approche scientifique rigoureuse, qui inclut :
- la sélection et l’analyse des ingrédients avant leur entrée dans la recette
- des tests de qualité et de constance des matières premières
- des calculs précis des minéraux, vitamines et acides aminés, adaptés :
- au stade de vie (croissance, adulte, senior)
- au mode de vie et à la condition (stérilisé, actif, sensible, malade)
- l’ajustement de nutriments clés (ex. calcium/phosphore, sodium, phosphore, etc.) selon les besoins
- des tests de digestibilité et parfois des tests d’alimentation, pour confirmer que les nutriments sont bien absorbés et utilisés
Cette démarche vise une nutrition prévisible, constante et sécuritaire, particulièrement importante chez les animaux sensibles, âgés ou atteints de maladies chroniques.
🐾 5) Pourquoi certains animaux vont bien avec une nourriture “moins bonne”
Un animal peut sembler aller très bien pendant des années avec une alimentation moyenne. Les effets de la nutrition sont souvent lents et silencieux, et varient selon la génétique et la tolérance individuelle.
Comme chez l’humain, certains tolèrent longtemps une alimentation imparfaite, puis des problèmes apparaissent plus tard. La nutrition est donc un outil de prévention à long terme, pas seulement un reflet du “comment ça va aujourd’hui”.
⚖️ 6) Faut-il se fier aux entreprises d’aliments vétérinaires ?
Pas aveuglément. Mais les entreprises sérieuses en nutrition vétérinaire offrent généralement plus de garanties scientifiques (contrôles, constance, formulation et tests). Ce n’est pas le “logo vétérinaire” qui compte, mais la démarche et la qualité du contrôle derrière la recette.
✅ Conclusion
Une bonne nourriture n’est pas celle qui a la plus belle étiquette, mais celle qui nourrit l’animal de façon équilibrée, sécuritaire et durable.
Si vous hésitez entre deux options, notre équipe peut vous aider à choisir une nourriture adaptée à l’âge, au mode de vie et aux besoins spécifiques de votre animal.
